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Alpine Renault
Une belle voiture sport d'occasion
On dirait qu'elle veut rester à tout prix inaperçue, de son temps, Renault la cachait comme un objet honteux, alors qu'elle offre la personnalité et les performances d'une Porsche 911 pour un prix très bas. L'Alpine reste inimitable avec sa carrosserie en fibre de verre, son architecture châssis-poutre et son V6 arrière en porte à faux.

L'Alpine V6 ne manque certainement pas d'atouts. Avec son châssis-poutre et V6 arrière en porte à faux et ses 220 km/h en pointe sont les moins chers du marché mondial de l'occasion. Son moteur a une sonorité qui évoque le célèbre 6 cylindres à plat de Stuttgart avec une suavité et une docilité que l'autre n'atteint pas toujours. Son comportement routier fait la part belle aussi bien à la sûreté qu'à l'agrément de conduite.
Sa carrosserie ne ressemble à aucune autre et même si ses lignes peuvent paraître un peu désuètes (ce qui d'ailleurs peut se discuter) il suffit de regarder dans la direction du constructeur allemand déjà cité pour constater qu'une carrosserie archi-démodée n'est pas nécessairement un handicap.
Voilà donc une berlinette de grand tourisme, rapide, sûre et confortable qui peut se transformer à volonté en exaltante voiture de sport.
Mais l'Alpine souffre surtout d'un manque de conviction.

Dans sa version originale, la A310 remonte à 1971. Avant de la trouver trop vieille, et pour ne pas revenir encore à la Porsche 911, songez qu'elle est apparue à ce même Salon de Genève où trônait pour la première fois la Lamborghini Countach, restée, elle, aussi jeune qu'au premier jour.
D'ailleurs on remarque que les voitures à hautes performances ont tendance aujourd'hui à faire une longue carrière, qui souvent les mène sans heurt du catalogue au musée.
La carrosserie de la A310 originale était manifestement inspirée de celle d'une obscure automobile suisse : la Monteverdi.
Comme pour la Porsche 911, qu'il faut bien nommer une fois de plus, le moteur de la A310 était installé en arrière des roues dans un but bien précis : il s'agissait de dégager l'habitacle. La A310 pouvait prétendre au titre de "2 + 2', sans tricher.
Ce n'est qu'en 1976 que la A31 0 a trouvé sa véritable dimension, quand elle reçut le V6 en alliage léger, fruit de la conjonction Peugeot- Renault -Volvo. Mais ce moteur eut lui-même des débuts difficiles : avec ses cylindres à 90 degrés il fonctionnait à peu près comme un V8 avec deux bougies débranchées. On imagine le résultat. Il ne s'épanouit vraiment qu'une fois pourvu de l'injection électronique et surtout d'un nouveau vilebrequin à manetons décalés.
C'était en 1985. La carrosserie de la A310 avait été redessinée en restant dans l'esprit du dessin original. Doit-on le regretter? Ce n'est pas sûr. On est fatigué aujourd'hui du style "papier plié" et on assiste à un retour en force des courbes et des formes lisses. Un petit effort supplémentaire (mais c'est justement le petit effort supplémentaire qui manque toujours dans l'histoire de l'Alpine V6) et ses lignes pourraient être à la pointe de la mode.

La stabilité naguère préoccupante, et même absorbante pour le pilote, a cessé d'être un problème, grâce à des accessoires aérodynamiques discrets mais efficaces, un empattement allongé, des pneumatiques plus gros à l'arrière qu'à l'avant.
La construction de l'Alpine V6 évoque quant à elle plus Lotus que Porsche avec sa structure monocoque mixte mariant un châssis-poutre en acier et une carrosserie en plastique.
Comme c'est trop souvent le cas pour les voitures à hautes performances, l'habitacle semble en retard sur la carrosserie. Malgré un effort visible, celui de la A310 n'échappe pas à la règle. Ses aménagements intérieurs sont moins lugubres que ceux d'une Porsche, moins indigents que ceux d'une Ferrari, mais finalement d'un goût aussi médiocre. Le plastique moulé y règne en maître comme au rayon des jouets d'un magasin à grande surface. Cela dit, si la présentation est critiquable, les instruments sont lisibles et l'ergonomie, comme on dit, est sans défaut. On en dirait autant de la position de conduite, qui est pratiquement idéale. Le volant et le levier de vitesses semblent « chercher » la main du conducteur. Mais le volant semble avoir été acheté dans un supermarché.
Les roues arrière, supportent 62 % du poids de la voiture, mais ne risquent pas de perdre leur adhérence. Sans avoir tendance à se dresser sur ses roues arrière comme un dragster, l'Alpine est plutôt légère de l'avant, mais c'est une caractéristique qui est loin d'être désagréable dès qu'on y est habitué.
Un autre avantage de reléguer le moteur à l'autre bout de la voiture, c'est le silence. La A310 est une des GT les plus paisibles de sa catégorie. Ses occupants ne perdent pas une seule des notes distillées par la chaîne haute-fidélité quadriphonique.




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